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Examen des nerfs crâniens

 

PAIRES CRÂNIENNES
EXAMEN
RESULTATS
I : nerfs olfactifs
  • Les yeux du patient étant fermés, on lui présente une ou plusieurs odeurs familières, en lui comprimant les narines tour à tour.
Le patient doit percevoir et reconnaître l'odeur.
II : nerfs optiques
  • Evaluer l'acuité visuelle.
 
  • Examiner le fond d'oeil avec un ophtalmoscope, en portant une attention particulière aux papilles optiques.
  • Etablir les champs visuels par comparaison
Champs visuels lors des lésions des voies optiques.
  • Tester la réaction d'extinction de la vision d'un côté : les deux yeux du patient étant ouverts, l'examinateur bouge simultanément les doigts dans les deux quadrants temporaux supérieurs, puis dans les deux quadrants temporaux inférieurs.
Le patient doit voir les deux stimuli.

III : nerfs moteurs oculaires communs

IV : nerfs pathétiques

VI : nerfs oculomoteurs externes

  • Etudier la motilité des paupières supérieures.
La chute d'une paupière supérieure est appelée ptosis.
  • Etudier la motilité extrinsèque de chaque oeil, séparément, puis ensuite ensemble sur ordre : l'examinateur fait suivre son doigt par le patient sans que celui-ci ne bouge la tête.

Chercher une perte de mouvements conjugués, contrôler la convergence des yeux pendant l'accommodation.
Rechercher tout nystagmus et noter ses caractères.
  • Etudier la motilité pupillaire : observer la taille et la forme des pupilles et comparer les deux côtés entre eux. Tester les réactions pupillaires à la lumière et à l'accomodation.

 

 

Remarques :

- La paralysie du nerf moteur oculaire commun (III) entraîne un ptosis associé à une diplopie verticale ou oblique, à une imossibilité de déplacer l'oeil en haut, en dedans et en bas, à une mydriase paralytique et à une paralysie de l'accomodation.

- Troubles de la motilité pupillaire :
>Signe d'Argyll-Robertson : il associe une abolition du réflexe photomoteur avec une conservation de l'accomodation-convergence
>Signe de Claude-Bernard-Horner : il associe un myosis, un rétrécissement de la fente palpébrale et une énophtalmie.

V : nerfs trijumeaux
  • Moteur : demander au sujet de serrer les dents sur un abaisse-langue, puis d'ouvrir la bouche.

On retire facilement l'abaisse-langue du côté paralysé. A l'ouverture de la bouche, on observe une déviation du menton vers le côté paralysé (bouche oblique ovalaire).

  • Sensitif : les yeux du sujet étant fermés on teste la sensibilité à la douleur et au toucher léger au niveau du front, des joues et de la mâchoire des deux côtés ; on testera également les 2/3 antérieurs de la langue, les gencives et la face interne des joues.
- Voir innervation de la face.
- Noter que l'atteinte de la sensibilité du nerf V se traduit essentiellement par des douleurs (ex : névralgie essentielle du trijumeau)
  • Evaluation du réflexe cornéen : demander au sujet d'ouvrir les yeux et de regarder vers le haut. En s'apporchant latéralement et en prenant garde de ne pas toucher les cils, on touche la cornée avec un fin tortillon de coton.
Normalement, le réflexe se traduit par un larmoiement et un clignement de l'oeil.
VII : nerfs faciaux
  • Inspecter le visage au repos
  • Demander au sujet de :
    • relever les sourcils,
    • froncer les sourcils,
    • fermer fortement les yeux afin d'empêcher l'examinateur de les ouvrir,
    • découvrir les dents,
    • sourire,
    • gonfler les joues.

En cas d'atteinte unilatérale et totale du nerf facial, tous les muscles de la face sont paralysés.

Au repos, il existe une asymétrie de la face avec disparition des rides du front et du pli naso-génien, la commissure labiale est abaissée du côté paralysé et la bouche est déviée du côté sain.

A l'action, l'asymétrie du visage s'accentue, le sujet n'arrive plus à fermer les paupières et le globe oculaire se déplace en haut et en dehors (signe de Charles Bell).

Il existe également une abolition du réflexe cornéen. On peut parfois retrouver une hyperacousie et/ou une agueusie du tiers postérieur de la langue.

Remarque : un exemple de la paralysie du nerf facial est la paralysie a frigore.
VIII : nerfs auditifs
  • Evaluer l'acuité auditive.
  • Si un déficit est retrouvé :
    • vérifier la latéralisation en pratiquant une épreuve de Weber
    • comparer la transmission aérienne et osseuse (afin de différencier une surdité de perception d'une surdité de transmission) : appliquer un diapason sur le mastoïde devant le conduit auditif externe, puis sur le front.

 

 

 

 

 

 

IX : nerfs glosso-pharyngiens

  • Demander au sujet de dire la lettre A.
  • Tester le réflexe nauséeux.
  • Tester le goût sur le tiers postérieur de la langue

L'atteinte isolée du nerf IX est exceptionnelle. Elle entraîne au plus une difficulté modérée de la déglutition et une altération du goût sur le tiers postérieur de la langue. En cas de déficit moteur, on note un déplacement vers le haut et le côté sain de la paroi postérieure du pharynx (signe du rideau). Le réflexe nauséeux est aboli ou diminué.

X : nerfs pneumogastriques

En cas d'atteinte du nerf X, on observe une paralysie du voile du palais avec déviation de la luette vers le côté sain et une diminution ou une abolition du réflexe du voile. En cas de lésion bilatérale, les liquides régurgitent par le nez.

En cas de lésion unilatérale partielle, la voix peut être rauque.
En cas de lésion unilatérale totale, la voix est faible et voilée et se fatigue facilement.
En cas de lésion bilatérale, la phonation est presque absente.

XI : nerfs spinaux
  • Comparer les muscles trapèzes des deux côtés. Demander au sujet de hausser les épaules contre la main de l'examinateur qui résiste.
  • Demander au sujet de tourner la tête de chaque côté contre la main de l'examinateur qui résiste et observer la contraction du sternocléidomastoïdien du côté opposé.

Une atteinte du nerf XI se traduit par :

- une difficulté à hausser les épaules (paralysie du muscle trapèze),
- une difficulté à tourner la tête (paralysie du sternocléidomastoïdien).

XII : nerfs grands hypoglosses
  • Demander au sujet de tirer la langue.
  • Lui demander de la déplacer d'un côté puis de l'autre.

En cas d'atteinte du nerf XII, on note une paralysie de l'hémi-langue qui se traduit par une déviation de la langue vers le côté paralysé.

Les fasciculations et l'atrophie n'apparaissent que tardivement.